par Greg Woods, SFG II

J’ai raté le test de force SFG Niveau II. C’est comme ça qu’a commencé mon weekend de certification, alors je peux très bien commencer mon article de la même manière. Pour ceux qui ne sont pas au courant, ce test de force consiste à faire un Press (Développé debout) strict avec un Kettlebell de poids égal à la moitié de votre poids de corps. Pour moi, c’était 48kg.

Lors de ma première tentative j’ai fait à peine la moitié du chemin. Le Maître Instructeur qui dirigeait la certification m’a dit, « Va te remettre les idées en place ». Je suis parti faire un tour avant d’essayer à nouveau. Et j’ai encore raté.

TEST DE FORCE 1

Je suis venu là pour attraper « La Bête » (le Kettlebell de 48kg) et le mettre au-dessus de ma tête. Je suis venu pour montrer tout ce que j’ai pratiqué et appris et pour obtenir enfin ce certificat d’instructeur SFG 2 tant convoité. Je suis venu pour montrer que j’étais techniquement au niveau et que je méritais ce titre.

C’étaient de mauvaises raisons.

J’avais déjà réussi ce Press précédemment et mon entraînement était au point durant toute la période jusqu’à la certification à Chicago. Alors, qu’est-ce qui était en train de se passer ? Qu’est-ce que je ne voyais pas ?

Ce n’était pas mon entraînement. Ce n’était même pas mon état d’esprit. J’étais fort, capable, déterminé et confiant. J’étais peut-être un peu nerveux mais pas plus que d’habitude lors des événements StrongFirst.

Ce qui me manquait, c’était une raison personnelle, sincère et profonde. Un « pourquoi » qui en valait la peine. La maîtrise technique et la force ne sont pas suffisantes. Ni même l’état d’esprit. J’allais apprendre que j’avais besoin de donner à mon entraînement un peu d’espace pour « respirer ». Et il y a de bonnes chances que ce soit également vrai pour vous.

SFG Niveau II, point de vue de candidat

Au total, tout au long de ce weekend j’ai tenté ce Press sept fois. A chaque nouvelle tentative j’arrivais à monter plus haut qu’à la précédente. Lors de la septième j’étais aussi près du « lockout » (verrouillage du bras tendu à la verticale) qu’on puisse faire sans l’avoir. J’y ai tenu le Kettlebell pas loin de trente secondes et j’ai quand même raté. Je savais qu’à ma huitième tentative je réussirais à coup sûr. Mais ensuite nous avons fait une affreuse séance d’Epaulés Jetés (Clean & Jerk), longue de dix minutes. Et après ça, je n’avais plus de jus. Tous les autres tests se sont passés sans problèmes mais pour le Press, ce n’était pas la peine.

Tout au long du weekend j’écoutais attentivement, essayant de trouver le « truc », cette « potion magique » qui allait m’aider à avoir le Press. Je ne l’ai jamais trouvé. J’écoutais trop attentivement. Je me suis perdu dans les détails techniques au point de ne plus voir la forêt derrière les arbres.

TEST DE FORCE 2

Au SFG I j’ai été assommé par autant de détails pour chaque mouvement. Par contraste, au SFG II la phrase que j’ai le plus entendu était, « Ca dépend ». Surtout par rapport au « Bent Press » (Développé penché). Lequel, alors qu’il est devenu un de mes mouvements favoris, peut être très difficile à enseigner. Naturellement, je ne dis pas du tout que le SFG II met moins l’accent sur la technique. Ce que je veux dire est qu’il est très technique, mais avec des « angles plus arrondis ».

Je ne comprenais pas ce que ça voulait dire tant que j’étais immergé dans la certification. Il y avait quelque chose de plus nuancé dans le coaching. Quelque chose de créatif. Notre Maître Instructeur nous a dit, « Je ne suis pas du tout un scientifique. Les expressions vaguement scientifiques que j’utilise parfois, c’est pour moi uniquement un moyen d’exprimer une forme d’art ».

En effet, l’objectif du SFG II était de porter le coaching au niveau supérieur, le transformant en une forme d’art. Et cela est beaucoup plus difficile que tout le côté technique.

SFG Niveau I, point de vue d’un instructeur assistant

Quelques semaines après mon expérience SFG II j’ai eu ma première opportunité d’être instructeur assistant lors d’une certification Niveau 1. C’était aussi fabuleux, sinon plus, que la faire en tant que candidat. Il n’y a tout simplement rien de tel qu’être entouré d’autant de personnes fortes, intelligentes et talentueuses. Le seul fait d’être dans la même pièce qu’elles vous porte plus haut. Sans parler du fait que vos collègues ainsi que les candidats s’attendent à ce que vous soyez plus fort, plus technique et plus affûté que la dernière fois.

TEST DE FORCE 3

De toutes mes expériences avec StrongFirst, assister était de loin la plus cérébrale. Les candidats m’ont posé plein de bonnes questions et tout le travail que j’ai fait jusqu’à là m’a permis d’être confiant : j’étais bien à ma place pour leur répondre. Mais il y avait une chose en particulier qui m’a frappé : l’obsession du détail dans la plupart de ces questions.

De manière générale, je suis un grand fan du détail. Mais mon expérience au SFG II me perturbait encore. Il y avait quelque chose de plus que les détails techniques ou la force. Et ce n’est qu’à la fin de ce weekend passé en tant qu’instructeur assistant que j’ai compris ce que c’était.

Les candidats qui étaient les meilleurs aux tests du Niveau I n’étaient pas nécessairement les plus forts. Ni même les plus techniques. Bien entendu, ils avaient et de la force, et de la technique. Mais, plus important, ils étaient automatiques. Ils pratiquaient sans relâche. L’état d’esprit ne comptait même plus parce que dans leurs têtes c’était déjà « acté ». Il n’y avait plus de place pour le doute. Ni pour de l’inquiétude.

Les candidats qui ont le mieux réussi savaient pourquoi ils sont venus et ce n’était pas pour faire le Snatch Test (100 Snatches en 5 minutes avec un Kettlebell de 24kg). C’était quelque chose de plus. Quelque chose qui, pour eux, a transformé le Snatch Test et les tests techniques en un jeu d’enfant.

C’était une nuance supplémentaire de l’attitude positive dont je suis un grand défenseur. Même quand vous avez un objectif clair et une attitude positive durant votre « trajet », vous avez quand même besoin de connaître votre point de départ et surtout, votre vraie motivation. Le succès commence avec une raison d’être. Et une question. « Pourquoi suis-je là ? »

TEST DE FORCE 4

Alors, pourquoi êtes-vous là ?

J’ai abordé mon Niveau I sans attentes particulières. StrongFirst était pour moi quelque chose de nouveau, et même si je pratiquais sérieusement, je ne connaissais pas l’organisation suffisamment bien pour m’y investir profondément. Je savais que je voulais être là et je savais que je voulais apprendre. J’étais prêt, j’avais un esprit ouvert et tout s’est bien passé.

Lors de mon Niveau II, j’étais quasiment prêt. Mais j’étais anxieux. J’étais obsédé par des menus détails. Je regardais mon téléphone pendant les pauses et je râlais au sujet du bizarre sol caoutchouteux de la salle. Je me demandais si j’allais avoir l’air fort sur les photos (pas tant que ça). Et mon objectif certain mais non avoué était de réussir le test de Press.

C’était un objectif mal choisi. J’aurais dû venir avec quelque chose de plus élevé. Concrètement, d’apprendre à coacher comme les Maîtres Instructeurs dont plusieurs étaient présents à cette certification. J’aurais dû ralentir, assez pour me demander pourquoi j’étais là, et m’assurer que la réponse était la bonne raison.

Au Niveau I, ils nous ont dit qu’on allait pratiquer et perfectionner les techniques de base pour le reste de notre carrière. Mais en réalité, moi et plusieurs autres candidats sont venus à cette certification à la recherche d’instructions détaillées, « pas à pas », qui allaient nous rendre « dignes » du titre « Coach ». On est venu pour des check-lists et on s’attendait de partir avec un certificat. Mais ça ne marche pas comme ça. Parce qu’aucune quantité du savoir-faire technique ne peut être substituée à l’œil du coach expérimenté. C’est ce qui m’a manqué lors de mon Niveau II : je visais trop bas.

Les détails techniques sont tous dans votre manuel. C’est un coffre à trésors comme aucun autre livre ou document. Le manuel StrongFirst est aussi direct, net et concis que possible. Si vous voulez des détails, ils sont là-dedans.

TEST DE FORCE 4

Mais on ne va pas aux événements StrongFirst uniquement pour passer les tests. On est là pour se transformer en meilleurs athlètes et meilleurs coaches. Posez toutes les questions que vous voulez mais les réponses qui vous aideront le plus à long terme, aussi bien en tant qu’athlète qu’en tant que coach, ne sont pas les standards techniques.

Finalement…

Au cas où vous avez oublié le titre de cet article, j’ai fini par réussir mon test de Press, trois jours après la certification SFG I où j’étais instructeur assistant. Je n’ai pas trop travaillé le Press depuis mon SFG II. Je ne suis pas devenu beaucoup plus fort. Porter un T-shirt noir et un pantalon long (« l‘uniforme » des instructeurs StrongFirst) sous le soleil de San Diego pendant la certification Niveau I ne m’a pas armé avec des superpouvoirs.

Ce qui a changé, c’est que je suis sorti de ma zone de confort. Chaque occasion de coacher les candidats lors de cette certification m’a rendu plus confiant. Et ce que j’ai entendu à chacun des événements StrongFirst a finalement provoqué un déclic. On n’attrape pas un Kettlebell pour cocher les cases sur une check-list. « Les épaules au même niveau, les yeux fixés, les fessiers contractés… » Même si votre attitude est au point, vous n’allez pas analyser un Kettlebell de 48kg au-dessus de votre tête.

Dans mon cas, ce Kettlebell ne monterait pas si je contrôlais chaque aspect de ma position avant de démarrer. Il ne monterait pas si je pensais à mes tests ou me demandais à quoi allait ressembler le diplôme sur mon mur. Et il ne monterait sûrement pas si j’essayais d’avoir l’air « fort ».

Il a monté uniquement parce que je me suis avancé et j’ai dit, « Il est temps de faire le Press ». Le poids n’a jamais compté. Ce qui a compté était ce qui était au-delà.

TEST DE FORCE 5

Crédit photo: David Stocco, http://dlabphotography.com

Greg Woods SFGGreg Woods is a strength and movement-focused personal trainer and endurance coach. He believes all humans should be knowledgeable about and train in as many modalities as they can, as evidenced by his many and varied certifications including: SFG II, MovNat, Z-Health, CrossFit (with specialty courses in endurance and gymnastics), USAW, and NASM. His special interests include mobilization for heavy lifters, corrective exercise, neurological training, run form, and convincing people they can do more than they thought possible.

After 2000+ hours coaching CrossFit, Greg has been broadening his horizons with ever more kettlebell training, gymnastics, and natural movement – specifically focusing on these principles in his own personal training company started in 2015: Structure Strength and Conditioning. He also recently opened a small gym, Legitimate Movement, in Durham, NC with his good friend Kevin Perrone. In his spare time, Greg Woods writes fiction and loves to travel.

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