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La différence StrongFirst

StrongFirst est une école de culture physique, également appelée « L’École de force de Pavel Tsatsouline ». Pavel est un coach sportif de haut niveau d’origine russe qui vit et travaille aux États-Unis depuis une vingtaine d’années. Il est surtout connu en tant que pionnier du retour du Kettlebell en préparation physique en Occident puisque c’est lui qui a publié le tout premier article sur ce sujet, en 1998 ; le tout premier livre, en 2000 ; c’est lui qui a lancé, la même année, la fabrication des premiers Kettlebells sur le sol américain avec son associé de l’époque ; enfin, c’est lui qui a créé le tout premier programme de formation d’instructeurs de préparation physique avec Kettlebells.

Pavel Tsatsouline

Mais même si le nom de Pavel est associé avant tout aux Kettlebells, son travail a toujours été beaucoup plus large et fondamental. Depuis les débuts de sa carrière il s’attache à compiler, analyser et populariser les études et les découvertes des meilleurs chercheurs en sciences du sport et en disciplines médicales connexes (la biomécanique, la neurologie, la physiologie de l’exercice etc.) pour les rendre accessibles et utilisables par tous.

Au fil des années, grâce à la profondeur de son savoir, mais aussi grâce à son charisme et son ouverture d’esprit Pavel a réussi à rassembler autour de lui une équipe d’instructeurs, souvent eux-mêmes chercheurs ou bien coaches ou athlètes de haut niveau, surtout dans les disciplines de force.

Ensemble, c’est cette équipe d’instructeurs qui est la plus grande force de notre école. Toutes les nouvelles idées, les nouvelles techniques, les nouvelles méthodologies sont disséquées, mises à l’épreuve, corrigées quand nécessaire et surtout partagées : soit à travers le travail direct des instructeurs dans leurs clubs, soit à travers les publications sur le blog et le forum StrongFirst, soit lors des stages. Tout cela fait de StrongFirst un système vivant, en constante évolution toujours vers plus d’efficacité.

La réunion des cadres StrongFirst, Pittsburgh, USA, 2016

Alors, qu’est-ce qui met notre système à part, qu’est-ce qui le rend différent des autres systèmes, méthodes ou écoles ?

La particularité de StrongFirst est qu’il est bâti sur un certain nombre de concepts qui régissent toutes nos techniques, nos méthodes, toute notre approche de la préparation physique. Ces concepts sont le fruit de plusieurs années de recherche scientifique, de travail des coaches, d’expérience des pratiquants et athlètes de tous les niveaux. Ils ont été maintes fois prouvés et approuvés par la science et la médecine. Certains de ces concepts sont plutôt techniques, d’autres plus généraux. Dans cet article je vais en citer quatre qui sont, à mon humble avis, les plus fondamentaux.

Le premier concept consiste à considérer notre corps comme un tout, comme une structure unie et interconnectée. On le considère ainsi et on l’entraîne comme tel. Par conséquent, chez StrongFirst on ne travaille pas les muscles ou les parties du corps, on travaille les mouvements, en particulier les mouvements les plus basiques, les plus fondamentaux du corps humain.

Quels muscles le cerveau utilise pour exécuter tel ou tel mouvement dépend de la programmation cérébrale très profonde. L’efficacité de chaque mouvement dépend du niveau et du timing d’activation de ces muscles. Les renforcer en les « séparant » les uns des autres peut compromettre la précision et la coordination de ces paramètres et au final, nous rendre globalement moins forts et moins efficaces.

C’est pourquoi dans notre système vous n’allez pas trouver d’exercices d’isolation, chers au bodybuilding. Tous nos exercices font travailler le corps tout entier, dans sa totalité. Ces exercices, on ne les a pas inventés. Ce sont tous des vieux classiques éprouvés par des centaines, voire des milliers d’années de pratique. Notre travail à nous consiste à peaufiner leur technique pour pouvoir mieux cibler le mouvement sous-jacent.

Travail technique sur le Squat, certification SFG 1, Juin 2016, Italie

Le deuxième concept que je voulais citer est celui qu’on retrouve dans notre nom, StrongFirst, « fort en premier » ou « fort d’abord ». En effet, nous considérons la force comme la qualité athlétique la plus importante, celle qui donne leur sens à toutes les autres. Sans la force, la vitesse, l’agilité, la souplesse et même l’endurance n’ont pas beaucoup d’intérêt. Toutes ces qualités-là ne sont que les différents moyens d’appliquer ou d’exprimer la force. Par conséquent, dans notre travail on s’attache avant tout à développer la force. Et puisqu’on travaille les mouvements plutôt que les parties du corps, notre travail consiste donc à renforcer les mouvements.

Pour autant, il ne faut surtout pas croire qu’on est psychorigides par rapport à la force absolue et qu’on n’accorde aucune valeur aux autres qualités athlétiques. Mais la beauté de la force est justement qu’à la différence des autres qualités, elle ne peut pas être vraiment développée de manière « autonome ».

Pour réaliser votre vrai potentiel de force vous allez avoir inexorablement besoin de flexibilité (pour respecter les alignements articulaires qui vous permettront de manipuler les charges suffisamment lourdes), de l’agilité et de la vitesse (pour exécuter correctement les mouvements balistiques) et même de l’endurance (pour gérer le volume d’entraînement nécessaire et pouvoir récupérer). Donc, en gardant notre cap sur la force, on travaille sans relâche toutes ces qualités complémentaires pour un développement physique sain et harmonieux.

La mobilité de la ceinture scapulaire est la composante essentielle pour la force de poussée verticale

Le troisième concept est « la qualité avant la quantité ». La force, on vient de le voir, est une qualité athlétique complexe. La quantité de force qu’on produit dans une position et dans une direction particulières dépendra de plusieurs facteurs. De la taille des muscles moteurs, bien sûr (les fameux « gros biscoteaux »), mais aussi, par exemple, de l’intensité de l’influx nerveux. Encore plus l’efficacité de notre effort va dépendre de la coordination de différents muscles et de différentes parties du corps.

Suivant le premier concept, on veut que notre corps tout entier participe à chaque mouvement. Chaque partie du corps, chaque muscle a son propre rôle qu’il doit assurer en bonne coordination avec les autres. Certains muscles exécutent le mouvement, ce sont les muscles moteurs. D’autres muscles créent une base, un point d’ancrage ou d’appui aux premiers, ce sont les stabilisateurs (articulaires). D’autres encore compensent le déplacement du centre de gravité pendant le mouvement pour assurer l’équilibre. C’est une mécanique complexe et quand elle est bien « huilée », l’effort « principal » est d’autant plus efficace. C’est pour ça que la « technique » est une composante fondamentale de la vraie force.

La bonne nouvelle est que la technique, ça s’apprend. Mais il ne s’agît pas juste d’une compréhension intellectuelle. Le corps humain n’apprend que par répétition. Pour mémoriser la bonne technique nous devons la répéter. Beaucoup et souvent. On considère qu’il faut en moyenne 300 répétitions correctes et bien contrôlées pour qu’un nouveau mouvement passe du niveau conscient au niveau inconscient, et encore environ 10 000 répétitions pour qu’il passe au niveau « automatique ».

Ces répétitions correctes et bien contrôlées permettent de « programmer » le mouvement dans notre cerveau, de le « graver sur le disque dur ». Autrement dit, ça ne sert absolument à rien de faire le mouvement en question n’importe comment. Si c’est le cas, vous compromettez tout le travail que vous avez fait auparavant puisque vous « déprogrammez » le mouvement en question.

Donc, la qualité du mouvement passe avant la quantité. Par exemple, dans notre système, quand vous avez prévu de faire une série de 10 mais qu’à la 7ème répétition vous sentez que la qualité de votre mouvement fiche le camp, vous n’allez pas continuer pour finir, coûte que coûte. Chaque exercice, chaque série, chaque répétition est avant tout l’occasion de mémoriser le mouvement correct. On ne veut pas rater cette occasion et gaspiller notre énergie pour rien.

Perfectionnement du Relevé avec Kettlebell, certification SFG 1, juin 2016, Italie

Enfin, notre quatrième concept est la simplicité. On travaille, on renforce les mouvements du corps. Or, le corps humain est capable d’une multitude quasi infinie de mouvements dans tous les plans et dans toutes les directions. Pour tous les renforcer une vie entière ne suffirait pas. C’est pour cette raison que dans notre système on est devenu adeptes de la loi de Pareto.

Cette loi empirique, formulée par l’économiste italien Vilfredo Pareto à la fin du 19ème siècle, déclare que sur une palette de solutions possibles il y aura toujours 10 à 20% qui produiront à eux seuls 80 à 90% de l’effet recherché. Logiquement, pour accroître notre efficacité (dans presque n’importe quel domaine), il faudrait identifier ces 10-20% les plus efficaces et leur consacrer le maximum de temps et d’énergie.

Dans le contexte de la culture physique, il s’agît avant tout d’exercices de base qui reprennent les mouvements essentiels du corps humain: flexion et extension des hanches, des jambes, des bras et des épaules, ainsi que les « portées chargées ». C’est pour cette raison que le curriculum de la certification d’instructeurs SFG niveau 1 ne comporte que 6 exercices: le Swing, le Squat, le Clean, le Press, le Snatch et le Relevé.

Le Snatch, l'exercice "ultime" du curriculum SFG 1

Voilà donc un petit aperçu de notre système. Et pour résumer les quatre concepts qui viennent d’être cités:

  • le corps est un tout, il participe tout entier à chaque exercice
  • la force est la qualité athlétique principale: une personne en bonne santé qui veut améliorer sa forme physique devrait avant tout chercher à se renforcer
  • la qualité du mouvement prime sur la quantité
  • on doit consacrer l’essentiel de son temps et de son énergie à travailler les exercices les plus basiques

Bienvenu chez StrongFirst!

J’ai raté le test de force du SFG Niveau II

par Greg Woods, SFG II

J’ai raté le test de force SFG Niveau II. C’est comme ça qu’a commencé mon weekend de certification, alors je peux très bien commencer mon article de la même manière. Pour ceux qui ne sont pas au courant, ce test de force consiste à faire un Press (Développé debout) strict avec un Kettlebell de poids égal à la moitié de votre poids de corps. Pour moi, c’était 48kg.

Lors de ma première tentative j’ai fait à peine la moitié du chemin. Le Maître Instructeur qui dirigeait la certification m’a dit, « Va te remettre les idées en place ». Je suis parti faire un tour avant d’essayer à nouveau. Et j’ai encore raté.

TEST DE FORCE 1

Je suis venu là pour attraper « La Bête » (le Kettlebell de 48kg) et le mettre au-dessus de ma tête. Je suis venu pour montrer tout ce que j’ai pratiqué et appris et pour obtenir enfin ce certificat d’instructeur SFG 2 tant convoité. Je suis venu pour montrer que j’étais techniquement au niveau et que je méritais ce titre.

C’étaient de mauvaises raisons.

J’avais déjà réussi ce Press précédemment et mon entraînement était au point durant toute la période jusqu’à la certification à Chicago. Alors, qu’est-ce qui était en train de se passer ? Qu’est-ce que je ne voyais pas ?

Ce n’était pas mon entraînement. Ce n’était même pas mon état d’esprit. J’étais fort, capable, déterminé et confiant. J’étais peut-être un peu nerveux mais pas plus que d’habitude lors des événements StrongFirst.

Ce qui me manquait, c’était une raison personnelle, sincère et profonde. Un « pourquoi » qui en valait la peine. La maîtrise technique et la force ne sont pas suffisantes. Ni même l’état d’esprit. J’allais apprendre que j’avais besoin de donner à mon entraînement un peu d’espace pour « respirer ». Et il y a de bonnes chances que ce soit également vrai pour vous.

SFG Niveau II, point de vue de candidat

Au total, tout au long de ce weekend j’ai tenté ce Press sept fois. A chaque nouvelle tentative j’arrivais à monter plus haut qu’à la précédente. Lors de la septième j’étais aussi près du « lockout » (verrouillage du bras tendu à la verticale) qu’on puisse faire sans l’avoir. J’y ai tenu le Kettlebell pas loin de trente secondes et j’ai quand même raté. Je savais qu’à ma huitième tentative je réussirais à coup sûr. Mais ensuite nous avons fait une affreuse séance d’Epaulés Jetés (Clean & Jerk), longue de dix minutes. Et après ça, je n’avais plus de jus. Tous les autres tests se sont passés sans problèmes mais pour le Press, ce n’était pas la peine.

Tout au long du weekend j’écoutais attentivement, essayant de trouver le « truc », cette « potion magique » qui allait m’aider à avoir le Press. Je ne l’ai jamais trouvé. J’écoutais trop attentivement. Je me suis perdu dans les détails techniques au point de ne plus voir la forêt derrière les arbres.

TEST DE FORCE 2

Au SFG I j’ai été assommé par autant de détails pour chaque mouvement. Par contraste, au SFG II la phrase que j’ai le plus entendu était, « Ca dépend ». Surtout par rapport au « Bent Press » (Développé penché). Lequel, alors qu’il est devenu un de mes mouvements favoris, peut être très difficile à enseigner. Naturellement, je ne dis pas du tout que le SFG II met moins l’accent sur la technique. Ce que je veux dire est qu’il est très technique, mais avec des « angles plus arrondis ».

Je ne comprenais pas ce que ça voulait dire tant que j’étais immergé dans la certification. Il y avait quelque chose de plus nuancé dans le coaching. Quelque chose de créatif. Notre Maître Instructeur nous a dit, « Je ne suis pas du tout un scientifique. Les expressions vaguement scientifiques que j’utilise parfois, c’est pour moi uniquement un moyen d’exprimer une forme d’art ».

En effet, l’objectif du SFG II était de porter le coaching au niveau supérieur, le transformant en une forme d’art. Et cela est beaucoup plus difficile que tout le côté technique.

SFG Niveau I, point de vue d’un instructeur assistant

Quelques semaines après mon expérience SFG II j’ai eu ma première opportunité d’être instructeur assistant lors d’une certification Niveau 1. C’était aussi fabuleux, sinon plus, que la faire en tant que candidat. Il n’y a tout simplement rien de tel qu’être entouré d’autant de personnes fortes, intelligentes et talentueuses. Le seul fait d’être dans la même pièce qu’elles vous porte plus haut. Sans parler du fait que vos collègues ainsi que les candidats s’attendent à ce que vous soyez plus fort, plus technique et plus affûté que la dernière fois.

TEST DE FORCE 3

De toutes mes expériences avec StrongFirst, assister était de loin la plus cérébrale. Les candidats m’ont posé plein de bonnes questions et tout le travail que j’ai fait jusqu’à là m’a permis d’être confiant : j’étais bien à ma place pour leur répondre. Mais il y avait une chose en particulier qui m’a frappé : l’obsession du détail dans la plupart de ces questions.

De manière générale, je suis un grand fan du détail. Mais mon expérience au SFG II me perturbait encore. Il y avait quelque chose de plus que les détails techniques ou la force. Et ce n’est qu’à la fin de ce weekend passé en tant qu’instructeur assistant que j’ai compris ce que c’était.

Les candidats qui étaient les meilleurs aux tests du Niveau I n’étaient pas nécessairement les plus forts. Ni même les plus techniques. Bien entendu, ils avaient et de la force, et de la technique. Mais, plus important, ils étaient automatiques. Ils pratiquaient sans relâche. L’état d’esprit ne comptait même plus parce que dans leurs têtes c’était déjà « acté ». Il n’y avait plus de place pour le doute. Ni pour de l’inquiétude.

Les candidats qui ont le mieux réussi savaient pourquoi ils sont venus et ce n’était pas pour faire le Snatch Test (100 Snatches en 5 minutes avec un Kettlebell de 24kg). C’était quelque chose de plus. Quelque chose qui, pour eux, a transformé le Snatch Test et les tests techniques en un jeu d’enfant.

C’était une nuance supplémentaire de l’attitude positive dont je suis un grand défenseur. Même quand vous avez un objectif clair et une attitude positive durant votre « trajet », vous avez quand même besoin de connaître votre point de départ et surtout, votre vraie motivation. Le succès commence avec une raison d’être. Et une question. « Pourquoi suis-je là ? »

TEST DE FORCE 4

Alors, pourquoi êtes-vous là ?

J’ai abordé mon Niveau I sans attentes particulières. StrongFirst était pour moi quelque chose de nouveau, et même si je pratiquais sérieusement, je ne connaissais pas l’organisation suffisamment bien pour m’y investir profondément. Je savais que je voulais être là et je savais que je voulais apprendre. J’étais prêt, j’avais un esprit ouvert et tout s’est bien passé.

Lors de mon Niveau II, j’étais quasiment prêt. Mais j’étais anxieux. J’étais obsédé par des menus détails. Je regardais mon téléphone pendant les pauses et je râlais au sujet du bizarre sol caoutchouteux de la salle. Je me demandais si j’allais avoir l’air fort sur les photos (pas tant que ça). Et mon objectif certain mais non avoué était de réussir le test de Press.

C’était un objectif mal choisi. J’aurais dû venir avec quelque chose de plus élevé. Concrètement, d’apprendre à coacher comme les Maîtres Instructeurs dont plusieurs étaient présents à cette certification. J’aurais dû ralentir, assez pour me demander pourquoi j’étais là, et m’assurer que la réponse était la bonne raison.

Au Niveau I, ils nous ont dit qu’on allait pratiquer et perfectionner les techniques de base pour le reste de notre carrière. Mais en réalité, moi et plusieurs autres candidats sont venus à cette certification à la recherche d’instructions détaillées, « pas à pas », qui allaient nous rendre « dignes » du titre « Coach ». On est venu pour des check-lists et on s’attendait de partir avec un certificat. Mais ça ne marche pas comme ça. Parce qu’aucune quantité du savoir-faire technique ne peut être substituée à l’œil du coach expérimenté. C’est ce qui m’a manqué lors de mon Niveau II : je visais trop bas.

Les détails techniques sont tous dans votre manuel. C’est un coffre à trésors comme aucun autre livre ou document. Le manuel StrongFirst est aussi direct, net et concis que possible. Si vous voulez des détails, ils sont là-dedans.

TEST DE FORCE 4

Mais on ne va pas aux événements StrongFirst uniquement pour passer les tests. On est là pour se transformer en meilleurs athlètes et meilleurs coaches. Posez toutes les questions que vous voulez mais les réponses qui vous aideront le plus à long terme, aussi bien en tant qu’athlète qu’en tant que coach, ne sont pas les standards techniques.

Finalement…

Au cas où vous avez oublié le titre de cet article, j’ai fini par réussir mon test de Press, trois jours après la certification SFG I où j’étais instructeur assistant. Je n’ai pas trop travaillé le Press depuis mon SFG II. Je ne suis pas devenu beaucoup plus fort. Porter un T-shirt noir et un pantalon long (« l‘uniforme » des instructeurs StrongFirst) sous le soleil de San Diego pendant la certification Niveau I ne m’a pas armé avec des superpouvoirs.

Ce qui a changé, c’est que je suis sorti de ma zone de confort. Chaque occasion de coacher les candidats lors de cette certification m’a rendu plus confiant. Et ce que j’ai entendu à chacun des événements StrongFirst a finalement provoqué un déclic. On n’attrape pas un Kettlebell pour cocher les cases sur une check-list. « Les épaules au même niveau, les yeux fixés, les fessiers contractés… » Même si votre attitude est au point, vous n’allez pas analyser un Kettlebell de 48kg au-dessus de votre tête.

Dans mon cas, ce Kettlebell ne monterait pas si je contrôlais chaque aspect de ma position avant de démarrer. Il ne monterait pas si je pensais à mes tests ou me demandais à quoi allait ressembler le diplôme sur mon mur. Et il ne monterait sûrement pas si j’essayais d’avoir l’air « fort ».

Il a monté uniquement parce que je me suis avancé et j’ai dit, « Il est temps de faire le Press ». Le poids n’a jamais compté. Ce qui a compté était ce qui était au-delà.

TEST DE FORCE 5

Crédit photo: David Stocco, http://dlabphotography.com

Greg Woods SFGGreg Woods is a strength and movement-focused personal trainer and endurance coach. He believes all humans should be knowledgeable about and train in as many modalities as they can, as evidenced by his many and varied certifications including: SFG II, MovNat, Z-Health, CrossFit (with specialty courses in endurance and gymnastics), USAW, and NASM. His special interests include mobilization for heavy lifters, corrective exercise, neurological training, run form, and convincing people they can do more than they thought possible.

After 2000+ hours coaching CrossFit, Greg has been broadening his horizons with ever more kettlebell training, gymnastics, and natural movement – specifically focusing on these principles in his own personal training company started in 2015: Structure Strength and Conditioning. He also recently opened a small gym, Legitimate Movement, in Durham, NC with his good friend Kevin Perrone. In his spare time, Greg Woods writes fiction and loves to travel.

StrongFirst et « Mud Day »: « What the Hell? »

par Sébastien Georges

MUD DAY 2

Dimanche 8 mai 2016 se tenait la dernière journée du « Mud Day Paris 2016 » sur le camp militaire de Frileuse. Il s’agit d’une course d’environ 13km, essentiellement sur terrain accidenté, avec de beaux dénivelés. Elle était entrecoupée de 22 épreuves destinées à tester tant les capacités physiques (grimper de corde, franchissement de palissades, etc.) que mentales (reptation en souterrain, immersion complète dans la boue ou l’eau glacée, entre autres).

MUD DAY 3

J’y suis allé. Pour me tester, mais aussi et surtout pour passer un bon moment de déconne avec des potes. « Au pire je marcherai et j’esquiverai les épreuves de kamikaze », voilà ce que je me disais. Eh bien voici le bilan :

  1. J’ai terminé la course et à l’exception de 2 ou 3 fins de côtes particulièrement raides, j’ai trotté tout le long.
  2. J’ai réussi (à mon étonnement, sans grande difficulté) l’ensemble des 22 épreuves.
  3. Le tout sans blessure (bon, j’ai laissé quelques lambeaux d’épiderme sur des cailloux, barbelés et cordes, mais à part ça et quelques courbatures…)

À ce stade, une petite mise au point me paraît nécessaire : je n’écris pas tout ceci dans le but puéril de me faire jeter des fleurs. Le « Mud Day » n’est certes pas une promenade mais ce n’est pas non plus une session de recrutement du GIGN. A chaque édition du « Mud Day » il y en a sûrement des milliers capables de boucler la course en réussissant toutes les épreuves (et pour beaucoup, en largement moins de temps qu’il ne m’en a fallu, j’en suis certain).

J’en tire cependant une certaine fierté pour la raison suivante : c’était la première fois que j’avais l’occasion de me tester sérieusement depuis environ 7 ans que je pratique la musculation (dont 3 en suivant religieusement les enseignements de l’école StrongFirst) et cette « performance » au « Mud Day » est le reflet exact de l’efficacité de ces enseignements. J’ai eu la révélation du fameux effet « What the Hell » lié aux méthodes de StrongFirst, et c’est précisément pour partager ce moment d’épiphanie que j’ai rédigé ce petit compte-rendu.

MUD DAY 4

Pour mettre les choses en perspective, je dois préciser que je suis une sorte d’anti­sportif de base : je ne pratique aucun sport en club, ni aucun art martial. Même une partie de foot entre potes après un pique-nique dominical, c’est au dessus de mes forces (je hais profondément le football). Et quand je vais à la piscine, c’est pour jouer avec mes filles, pas pour faire des longueurs de bassin. De manière générale je n’ai jamais réussi à m’intéresser au sport (si, le rugby, et encore, de loin). Pour couronner le tout j’ai un emploi de bureau, intellectuellement passionnant mais, physiquement, on est juste en dessous du niveau de la limace.

J’ai commencé la musculation après avoir franchi le cap de la trentaine. Méthode Lafay pendant environ 2 ans, puis méthode « Convict Conditioning » pendant 2 ans également. Ensuite, j’ai découvert StrongFirst et depuis 3 ans et demi environ j’alterne plusieurs mois d’entraînement « 100% Kettlebells » jusqu’à saturation, suivis de plusieurs mois d’entraînement « 100% poids de corps » jusqu’à saturation, et ainsi de suite. Par exemple, d’août 2014 à août 2015, programme « Naked Warrior » 3­-5 fois/sem. ; de septembre 2015 à février 2016, programme « Simple & Sinister » 4­-5 fois/sem. ; depuis février, retour à « Naked Warrior »). Avec, toujours, un échauffement matinal basé sur les bibles « Super Joints » et « Original Strength », et des étirements issus de « Relax into Stretch » en fin de journée.

Et la course à pied dans tout ça ? C’est là que ça devient amusant : je ne cours pas. Jamais. Mon dernier footing remonte…. au printemps 2005. A cette époque je m’étais imposé d’aller courir régulièrement au Parc de Sceaux, pour faire comme tout le monde. Une dizaine de séances a suffi pour que les douleurs aux genoux apparaissent. 30mn de running me mettaient les rotules en feu pendant 48h. Conclusion : mes capacités cardio actuelles ne sont rien d’autre que le fruit de toutes les séries de Swings que j’ai effectués ces dernières années. Sans avoir fait le moindre footing en plus de 10 ans, j’ai parcouru 13km au pied levé, sans vomir mes tripes.

MUD DAY 1

De la même manière, la solidité actuelle de mes chevilles, genoux et hanches est essentiellement le résultat de tous les squats que j’ai effectués ces dernières années. Ce n’est qu’au bout de 2h de course que mes genoux ont commencé à protester, et encore, sans que cela m’empêche de terminer le parcours. Et les douleurs articulaires avaient déjà disparu le soir même.

Pareil pour la force pure : merci les Relevés avec Kettlebell, les pompes, les tractions, etc. Pour illustrer, je me contenterai de dire que l’épreuve finale (apparemment, un grand classique particulièrement redouté) une « échelle horizontale » d’environ 10m de long (pas du tout horizontale, en réalité : elle est inclinée vers le haut sur la première moitié, tandis que la seconde moitié redescend) m’a paru facile. In­cro­ya­ble­ment facile !!!

MUD DAY 5

Encore une fois, loin de moi la tentation de prendre la grosse tête. Avec mes co­équipiers on a bouclé la course en 2h50 environ ; il faut savoir que les vainqueurs de cette édition du « Mud Day », eux, l’ont fait en 1h14 !!! C’est le genre d’info qui aide à rester humble ;o)

Le message est simplement : si j’ai pu le faire dans d’aussi bonnes conditions, c’est entièrement à StrongFirst que je le dois. Et si quelqu’un comme moi a pu le faire, alors n’importe qui aurait pu le faire. A condition d’être bien préparé. A bon entendeur…..