La fin du monde n’a pas eu lieu, le retour.

by Alexey on 17 février 2013

Du bon usage de la mentalité apocalyptique. Oui, encore.

 

La nouvelle a fait le tour du monde : une météorite s’est écrasée en  Russie, dans la région montagneuse de l’Oural (qui sépare la Sibérie de la partie européenne du pays). L’onde de choc provoquée par son explosion à quelques dizaines de kilomètres d’altitude a éclaté pour 200 000 m² de vitrages dans la seule ville de Tcheliabinsk et a fait un millier de blessés.

Certains des médias  se font une joie de décrire des scènes de panique et l’incompétence (sous-entendu, la corruption) des pouvoirs publics. En appui, les vidéos… où on ne voit aucune panique. Les gens sont plutôt curieux au moment des faits et calmes, même les enfants quand on leur prodigue les soins. D’ailleurs, dans la vidéo ci-dessous vous pouvez voir les piétons continuer à marcher tranquillement et le conducteur de la voiture d’où la vidéo est filmée parler calmement, quoique avec étonnement – de météorite (!).

Pour ma part, je pense que ce n’est pas le peuple qui vient de fêter le 70ème anniversaire de sa victoire à Stalingrad qui va péter une durite à cause d’un flash dans le ciel et une onde de choc, aussi forte soit-elle. Mais bon, les médias sont ce qu’ils sont. On leur paie pour créer une certaine image de la Russie, ils font leur boulot. En revanche, je trouve dommage qu’ils passent à côté de certaines informations beaucoup plus pertinentes (parce que vraies ?).

La première qui a le mérite d’être mentionnée est le fait qu’après l’explosion les téléphones portables sont devenus inutilisables. C’est probablement l’onde de choc qui a dû déboulonner plusieurs tours et antennes. Quoi qu’il en soit, dans le monde d’aujourd’hui où certains dorment avec leurs portables sous l’oreiller et l’utilisent en exclusivité pour « se connecter au monde », il est facile d’imaginer l’effet de l’effondrement du réseau…

La deuxième info qui mériterait qu’on s’y attarde est qu’il ne s’agissait que d’un « petit » caillou au poids estimé d’une dizaine de tonnes. Quels dégâts aurait pu provoquer avec ses 150 000 tonnes l’astéroïde 2012-DA 14 qui a frôlé la Terre vendredi soir à une vingtaine de milliers de kilomètres ?

Nés et élevés dans les pays industrialisés on ne se rend pas compte à quel point le déroulement « normal » de nos vies dépend des infrastructures. L’électricité, le gaz, l’eau… Les communications… L’invisible réseau logistique qui approvisionne, en flux tendu nos magasins d’alimentation…

Or, tout réseau comporte des points sensibles, de goulots d’étranglement qui, mis hors service, bloquerait la circulation dans des grandes portions, voire dans tout le réseau local.

Je ne vais pas développer ici tout le raisonnement des « survivalistes ». Ce que je veux dire est que l’incident d’hier prouve que la frontière qui sépare notre société somme toute « gentille » du chaos est plus près que nous le croyons.

Alors, la question que je vous pose est la suivante : s’agissant de l’entraînement physique qu’est-ce qui vous rend plus capable de fonctionner sans assistance, plus indépendant, plus libre où que vous vous trouviez et quoi qui puisse se passer autour de vous ? La Zumba ? L’Aquabiking ? Le Fit-Boxing ?

J’ai trouvé ma réponse depuis longtemps. Avez-vous trouvé la vôtre ?

 

 

P.S. La troisième info sur laquelle les médias français ne s’attardent pas (ce n’est pas le cas en Russie), c’est le parallèle qu’on peut facilement établir avec l’astéroïde Apophis. 325m de diamètre pour 45 millions de tonnes, il est passé à 14 millions de kilomètres de la Terre au mois de janvier et doit repasser le 13 Avril 2029 à une trentaine de milliers de kilomètres et encore plus près le 13 Avril (toujours !) 2036. Ca fait réfléchir, non ?

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{ 6 comments }

remi mars 23, 2013 à 13:07

Allez, j’y vais de ma citation aussi 😉
« L’art du tir à l’arc ne consiste nullement à poursuivre un résultat extérieur avec un arc et des flèches, mais uniquement à réaliser quelque chose en soi-même »
Herrigel, le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc
(livre essentiel s’il en est 😉

Matt février 18, 2013 à 10:51

Se rappeler que nous ne sommes rien, que nos vies tiennent du miracle (les avoir reçues, les garder). Que nous avons plus de chance de croiser la route d’un déséquilibré, d’un alcoolo au volant que de se prendre un astéroïde dans la face. Ne pas oublier que nous faisons bien plus de dégâts à notre Terre qu’en ferait une improbable collision. Finalement, profiter des gens qu’on aime, des choses simples, tendre vers l’excellence avec ce que nous avons à disposition. Notre corps à l’entraînement, notre esprit (et parfois notre corps!) dans le travail. Nous sommes insignifiants, nous avons une chance incroyable d’exister, et pourtant…

Alexey février 18, 2013 à 23:02

Matt, ce n’était pas exactement mon message. Ce que je voulais dire est que notre « mode de vie civilisé » ne tient pas à grand-chose et qu’on a plus besoin d’être « self-reliant », de pouvoir compter sur soi-même, sur sa propre force physique qu’on ne peut le concevoir normalement. Je crois qu’on doit profiter de ce genre d’évènement pour « s’offrir » une prise de conscience et booster, si besoin est, sa motivation à l’entraînement.
Quant à « Ne pas oublier que nous faisons bien plus de dégâts à notre Terre qu’en ferait une improbable collision »… Si Apophis percute la Terre en 2036, ce sera une nouvelle Grande Extinction, comme celle qui a vu les dinosaures disparaître avec 96% du monde vivant. Nous, les « insignifiants » qui « ne sommes rien », quoi qu’on fasse, aurions du mal à « faire bien plus de dégâts » même si on le voulait. Ordre de grandeur, justement.
En tout cas, franchement, j’ai du mal avec cette mentalité de « nous ne sommes rien ». Je trouve que ça sonne comme une excuse. Ou, plus exactement, on a le choix: on peut choisir de n’être rien ou bien se battre « against all odds » pour faire la différence, pour laisser une empreinte autre que celle de son derrière dans le canapé…

Matt février 21, 2013 à 16:10

J’aime bien l’idée de l’empreinte dans le canapé 🙂

Je me suis mal exprimé sur le « nous ne sommes rien », ordre de grandeur toujours. Ce que ça implique pour moi, c’est à la fois la fragilité de notre condition (physique, mentale, sociétale) et la seconde partie du choix que tu y vois : autant tout mettre en oeuvre pour faire une différence, quelle qu’elle soit! On s’imagine trop souvent que tout est acquis, que tout sera « toujours ainsi », on se donne une certaine « importance ». Nos problèmes quotidiens sont « importants ». Alors qu’en réalité il faut toujours être en mouvement (vers l’avant!) ne serait ce que pour conserver l’existant. Celui qui s’arrête de bouger (ou plutôt de pousser) est mort.

Les problèmes/difficultés que l’on peut rencontrer ne sont que d’une importance relative et ça commence avec toutes les barrières que l’on peut ériger entre nous et l’action (entraînement, entrepreneuriat etc…). Il suffit de visualiser un placement à l’échelle de la Terre dans l’univers pour prendre un peu de recul. Un Apophis est l’incarnation extrême de la fragilité de notre condition humaine. Si l’on doit parler risques, il y en a de bien plus avérés qui pourraient faire exploser nos sociétés à court terme. Pour le reste, et je reboucle avec mon commentaire précédent, nous ne sommes rien et nous avons une chance incroyable d’être ce rien. A nous d’en faire « quelque chose », à chacun de trouver la réponse (encore faut il se poser la question…)!

(ceci étant dit, j’ai toujours dans un coin de la tête qu’il est urgent de devenir « self reliant », même pour des besoins humains de base)

Matt février 21, 2013 à 16:51

En résumé, la vraie question est celle de l’affranchissement de la mentalité de dépendance/perfusion dans les sociétés occidentales baignent. Tu ne commences à devenir self reliant que quand tu cherches à t’arracher à cette dépendance quotidienne. Je crois que ça démarre à des échelles bien plus petites que les infrastructures réseau, d’où mon raisonnement par l’action 🙂 Ceci dit dit, y’a un bouquin à écrire là dessus lol

Alexey février 28, 2013 à 23:09

Je ne sais plus dans quel livre de Castaneda (dans le « Voyage à Ixtlan », je crois) il racontait l’épisode où il longeait un canyon en compagnie, comme d’habitude, de son mentor, le chaman indien don Juan. A un moment donné Carlos s’est arrêté pour nouer ses lacets. A cet instant précis un gros rocher s’est décroché du haut de la paroi du canyon et s’est écrasé à quelques dizaines de mètres devant eux. Don Juan a profité de l’occasion pour donner une nouvelle leçon à Carlos. « Tu vois, lui dit-il, aujourd’hui le destin a voulu que tu ressentes le besoin de nouer tes lacets ici, à trente mètres de l’endroit où est tombé cette pierre. Mais qui peut garantir que demain tu ne t’arrêteras pas pile sous un autre rocher sur le point de décrocher? On n’a aucun contrôle sur le forces de l’Univers, tous ce qu’on peut faire c’est d’être des guerriers impeccables, à tout moment ».
Amen.