Swing

par Sébastien Georges

MUD DAY 2

Dimanche 8 mai 2016 se tenait la dernière journée du « Mud Day Paris 2016 » sur le camp militaire de Frileuse. Il s’agit d’une course d’environ 13km, essentiellement sur terrain accidenté, avec de beaux dénivelés. Elle était entrecoupée de 22 épreuves destinées à tester tant les capacités physiques (grimper de corde, franchissement de palissades, etc.) que mentales (reptation en souterrain, immersion complète dans la boue ou l’eau glacée, entre autres).

MUD DAY 3

J’y suis allé. Pour me tester, mais aussi et surtout pour passer un bon moment de déconne avec des potes. « Au pire je marcherai et j’esquiverai les épreuves de kamikaze », voilà ce que je me disais. Eh bien voici le bilan :

  1. J’ai terminé la course et à l’exception de 2 ou 3 fins de côtes particulièrement raides, j’ai trotté tout le long.
  2. J’ai réussi (à mon étonnement, sans grande difficulté) l’ensemble des 22 épreuves.
  3. Le tout sans blessure (bon, j’ai laissé quelques lambeaux d’épiderme sur des cailloux, barbelés et cordes, mais à part ça et quelques courbatures…)

À ce stade, une petite mise au point me paraît nécessaire : je n’écris pas tout ceci dans le but puéril de me faire jeter des fleurs. Le « Mud Day » n’est certes pas une promenade mais ce n’est pas non plus une session de recrutement du GIGN. A chaque édition du « Mud Day » il y en a sûrement des milliers capables de boucler la course en réussissant toutes les épreuves (et pour beaucoup, en largement moins de temps qu’il ne m’en a fallu, j’en suis certain).

J’en tire cependant une certaine fierté pour la raison suivante : c’était la première fois que j’avais l’occasion de me tester sérieusement depuis environ 7 ans que je pratique la musculation (dont 3 en suivant religieusement les enseignements de l’école StrongFirst) et cette « performance » au « Mud Day » est le reflet exact de l’efficacité de ces enseignements. J’ai eu la révélation du fameux effet « What the Hell » lié aux méthodes de StrongFirst, et c’est précisément pour partager ce moment d’épiphanie que j’ai rédigé ce petit compte-rendu.

MUD DAY 4

Pour mettre les choses en perspective, je dois préciser que je suis une sorte d’anti­sportif de base : je ne pratique aucun sport en club, ni aucun art martial. Même une partie de foot entre potes après un pique-nique dominical, c’est au dessus de mes forces (je hais profondément le football). Et quand je vais à la piscine, c’est pour jouer avec mes filles, pas pour faire des longueurs de bassin. De manière générale je n’ai jamais réussi à m’intéresser au sport (si, le rugby, et encore, de loin). Pour couronner le tout j’ai un emploi de bureau, intellectuellement passionnant mais, physiquement, on est juste en dessous du niveau de la limace.

J’ai commencé la musculation après avoir franchi le cap de la trentaine. Méthode Lafay pendant environ 2 ans, puis méthode « Convict Conditioning » pendant 2 ans également. Ensuite, j’ai découvert StrongFirst et depuis 3 ans et demi environ j’alterne plusieurs mois d’entraînement « 100% Kettlebells » jusqu’à saturation, suivis de plusieurs mois d’entraînement « 100% poids de corps » jusqu’à saturation, et ainsi de suite. Par exemple, d’août 2014 à août 2015, programme « Naked Warrior » 3­-5 fois/sem. ; de septembre 2015 à février 2016, programme « Simple & Sinister » 4­-5 fois/sem. ; depuis février, retour à « Naked Warrior »). Avec, toujours, un échauffement matinal basé sur les bibles « Super Joints » et « Original Strength », et des étirements issus de « Relax into Stretch » en fin de journée.

Et la course à pied dans tout ça ? C’est là que ça devient amusant : je ne cours pas. Jamais. Mon dernier footing remonte…. au printemps 2005. A cette époque je m’étais imposé d’aller courir régulièrement au Parc de Sceaux, pour faire comme tout le monde. Une dizaine de séances a suffi pour que les douleurs aux genoux apparaissent. 30mn de running me mettaient les rotules en feu pendant 48h. Conclusion : mes capacités cardio actuelles ne sont rien d’autre que le fruit de toutes les séries de Swings que j’ai effectués ces dernières années. Sans avoir fait le moindre footing en plus de 10 ans, j’ai parcouru 13km au pied levé, sans vomir mes tripes.

MUD DAY 1

De la même manière, la solidité actuelle de mes chevilles, genoux et hanches est essentiellement le résultat de tous les squats que j’ai effectués ces dernières années. Ce n’est qu’au bout de 2h de course que mes genoux ont commencé à protester, et encore, sans que cela m’empêche de terminer le parcours. Et les douleurs articulaires avaient déjà disparu le soir même.

Pareil pour la force pure : merci les Relevés avec Kettlebell, les pompes, les tractions, etc. Pour illustrer, je me contenterai de dire que l’épreuve finale (apparemment, un grand classique particulièrement redouté) une « échelle horizontale » d’environ 10m de long (pas du tout horizontale, en réalité : elle est inclinée vers le haut sur la première moitié, tandis que la seconde moitié redescend) m’a paru facile. In­cro­ya­ble­ment facile !!!

MUD DAY 5

Encore une fois, loin de moi la tentation de prendre la grosse tête. Avec mes co­équipiers on a bouclé la course en 2h50 environ ; il faut savoir que les vainqueurs de cette édition du « Mud Day », eux, l’ont fait en 1h14 !!! C’est le genre d’info qui aide à rester humble ;o)

Le message est simplement : si j’ai pu le faire dans d’aussi bonnes conditions, c’est entièrement à StrongFirst que je le dois. Et si quelqu’un comme moi a pu le faire, alors n’importe qui aurait pu le faire. A condition d’être bien préparé. A bon entendeur…..

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